Il y a quelques années, j’ai découvert le kaizen, cette philosophie japonaise qui repose sur une idée simple : pas besoin de tout changer d’un coup, avancer par petits pas suffit.
Pas de grande révolution immédiate mais plutôt une petite action, réalisable presque tout de suite, pour faire évoluer notre quotidien.
Le mot kaizen vient de deux idéogrammes japonais : kai (changer) et zen (meilleur, bon). Littéralement, il signifie « changement pour le mieux ».
Ce principe est né dans le Japon de l’après-guerre, notamment au sein du système Toyota, comme une philosophie d’amélioration continue. L’idée était d’encourager chaque personne, quel que soit son poste, à proposer des ajustements simples pour améliorer le fonctionnement global.
Popularisé par Masaaki Imai dans les années 1980, le concept a peu à peu quitté le monde industriel pour inspirer le monde de la psychologie.
Et c’est là qu’est née une version plus douce du kaizen : celle que l’on appelle parfois l’art des petits pas.
Souvent, on a tendance à se fixer de grands objectifs ou de grands projets : changer sa routine du tout au tout, entreprendre une nouvelle activité, ou se lancer dans une grosse aventure. Même si ces idées sont enthousiasmantes, elles demandent du temps, de l’énergie et une vraie motivation. Si on ne peut pas les mettre en œuvre immédiatement, elles peuvent créer de la frustration et/ou du découragement.
Le petit pas, lui, est conçu pour être réalisable quasiment sur l’instant. Sortir cinq minutes respirer l’air frais, ranger son bureau, écrire trois lignes dans un carnet, envoyer un message à un ami que l’on apprécie… Ce sont de petites actions, mais elles nourrissent le sentiment de réussite et de progression. Et parfois, un petit pas ouvre la voie à un autre, puis un autre encore, et c’est ainsi qu’on avance presque sans s’en rendre compte 🌱.
Dans la continuité du kaizen, j’aime beaucoup cette idée simple et concrète : celle du P.P.P.P., le Plus Petit Pas Possible.
Pour moi, cette notion est particulièrement utile dans les contextes où l’on a du mal à se mettre en mouvement, soit parce que la tâche est « pénible », soit parce que le projet est trop ambitieux ou intimidant.
Voilà une question que l’on peut se poser face à n’importe quelle envie, projet ou intention :
Quelle est la plus petite action que je peux mettre en œuvre aujourd’hui, ici et maintenant, pour avancer un peu ?
Un pas minuscule et qui a l’immense pouvoir de remettre du mouvement.
Parce qu’il contourne la peur de l’échec, la procrastination et/ou le découragement.
Parce qu’il ouvre la porte à la confiance, celle qui grandit à force de petites réussites.
Des exemples concrets de P.P.P.P.
🏠 Tâches « pénibles » / organisation
- Réorganiser une pièce
- P.P.P.P. n°1 : choisir une petite zone (étagère ou tiroir) et la trier
- P.P.P.P. n°2 : jeter un seul objet inutile
- Trier sa boîte mail
- P.P.P.P. n°1 : supprimer un mail ancien
- P.P.P.P. n°2 : créer un dossier pour classer les prochains mails
💼 Projets ambitieux / professionnels
- Repeindre son vélo
- P.P.P.P. n°1 : sortir le vélo dans le garage (ou dehors)
- P.P.P.P. n°2 : poser un petit coup de peinture sur une partie minuscule
- Développer une activité de photographie
- P.P.P.P. n°1 : chercher le contact d’une photographe en activité dont on apprécie le travail et le style
- P.P.P.P. n°2 : rédiger une simple prise de contact
Ces petits pas, si modestes soient-ils, construisent déjà la confiance et la clarté nécessaires pour la suite… et peuvent même permettre d’avoir l’élan nécessaire pour continuer.
Évidemment, nous n’avançons pas tous·tes à la même vitesse, et c’est très bien ainsi. Certaines journées, un petit pas suffira, d’autres, un peu plus d’audace sera possible. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire, seulement celle qui fonctionne pour soi.
Et vous, quel serait votre prochain petit pas ?
Celui que vous pourrez réaliser tout de suite, sans pression, juste pour vous ?
Peut-être qu’il apparaîtra comme une évidence, ou peut-être qu’il faudra le laisser « infuser » quelques heures ou quelques jours.
Quoi qu’il en soit, l’essentiel est de commencer quelque part.
En pratiquant le kaizen, on apprend à savourer l’évolution progressive, à apprécier les gestes simples et à transformer le quotidien sans se sentir (trop) submergé·e.
Parfois, un petit pas peut sembler insignifiant, mais il a le pouvoir de créer du mouvement et de la confiance, progressivement.
Alors, aujourd’hui, je vous invite à choisir une petite action et à la réaliser.
Même un pas minuscule peut apporter un souffle nouveau.
Et si vous, vous sentez l’envie de danser dans votre salon, eh bien… pourquoi pas ?
L’important, c’est d’avancer. Chaque rythme a son charme, et chaque petit pas compte ☺️.
Crédit photos : Unsplash